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Persephone 2014 ©Patrick-Forsans

Photo Patrick Forsans

Perséphone 2014

Mai 2016
Création Festival de caves, Besançon

Une femme de quarante ans parle à la jeune fille qu’elle a été et revisite le mythe de Perséphone, à la fois reine des morts et symbole d’une nature toujours renouvelée. Ce projet se propose de mettre en voix, en corps, et en musique la langue charnelle de Gwenaëlle Aubry, dans un dispositif plastique où le naturel le dispute à l’artificiel, où le rapport à la musique de l’adolescent se distord, faisant appel à notre part d’enfance y compris dans sa dimension bancale.

La romancière Gwenaëlle Aubry travaille sur le mythe de Perséphone, enlevée aux Enfers par Hadès et fait dialoguer la jeune fille qu’elle a été avec la femme qu’elle est aujourd’hui. La Jeune Fille de Gwenaëlle Aubry est une parmi d’autres, est un nom commun plus qu’un nom propre.


J’ai souhaité travailler sur l’extrême précision de l’écriture de ce texte et le transposer scéniquement: Gwenaëlle travaille sur des parenthèses, sur une typographie très précise, insère une page noire au centre de son texte. Deux parties, travaillant la langue comme un oratorio, encadrent cette page noire scénique, plastique, et quasi muette invoquant des images cryptées, mystérieuses. Nous pensons aux machines de Tinguely, à l’installation de Joana Vasconcelos, labyrinthe nocturne de fleurs artificielles, et des matériaux organiques, permettant de créer des images fortes. En regard de Léopoldine Hummel, Léa Masson, figure muette, contrepoint de pure présence, fixe le public. Relais du spectateur, puis de l’auteur, elle incarne le témoin nécessaire à tout rituel.


Dans Personne déjà, j’avais été saisie par le travail de Gwenaëlle Aubry et la musicalité de sa langue. Perséphone 2014 cite nombre de chansons, que ce soit en reproduisant leurs paroles ou en les citant en tant que telles ; de David Bowie à Henry Purcell en passant par Radiohead, Lou Reed, Iggy Pop, Gwenaëlle Aubry les inclut dans l’écriture.
En regard d’un traitement du texte proche de l’oratorio, nous avons eu l’envie de traiter la musique comme un espace de dialogue avec l’actrice, le texte jouant sur le brouillage des âges et des générations.
Nous avons travaillé sur des reprises distordues de ces chansons, créant un effet de reconnaissance distant.


Outre les moments joués directement à la guitare électrique par Léopoldine Hummel, il arrive que la comédienne s’arrête, mette ostensiblement la musique sur une mini-chaîne et la mise à vue du théâtre ici et maintenant permet d’autant plus l’adhésion à la musique.
Anne Monfort

Distribution

D’après le roman Perséphone 2014 de Gwenaëlle Aubry
Mise en scène Anne Monfort
Avec Léopoldine Hummel et Léa Masson
Costumes Sigolène Petey
Administration, production, diffusion Juliette Medelli (Copilote)
Remerciements Charlène Strock, Daniel Depoutot et Maxime Kerzanet

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