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Gwenaëlle Aubry
Lazare mon amour
L’Iconoclaste, 2016
« Un jour on me demande d’écrire sur une autre, poète ou romancière, qu’importe, vivante ou morte (plutôt). Et tout de suite ce nom s’impose : Sylvia Plath. Je relis ses textes hypertendus, électrifiés, je regarde ses photos-caméléons. Je fais défiler ses masques, je bats les cartes de son tarot : le rameau de peur et le Roi des abeilles, l’amante éblouie et la mère-épouse prisonnière de l’Amérique des années cinquante, les vierges folles, le vieux démon mélancolique, l’Oiseau de panique. À travers cette fragile image, cette icône suicidée, je cherche le point d’ajustement de l’écriture à la vie. Je cherche à comprendre ce que, par l’écriture, elle a sauvé de la vie et ce qui, de l’écriture, l’a sauvée elle aussi. Car je crois que Plath a été, dans les deux sens du terme, une survivante : pas seulement une qui est revenue d’entre les morts (Lady Lazare) mais aussi une qui a vécu à l’excès. » G. A.
Paru le 13 janvier 2016
75 pages - 135 x 185 mm
EAN : 9782913366954
Sélection Presse
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LIVRES HEBDO - 6 novembre 2015
LA CROIX - 28 janvier 2016
L'HUMANITÉ - 28 janvier 2016
LIRE - Février 2016
LE DEVOIR (Québec) - 5 mars 2016
LIVRES HEBDO
6 novembre 2015
« Rites et mythes »
Gwenaëlle Aubry tisse, en écho avec le mythe et par-dessus les siècles, les portraits de jeunes filles oscillantes.
À 18 ans, elle est « entrée dans le mythe en même temps que dans la vie », raconte la narratrice de Perséphone 2014, le quatrième roman de Gwenaëlle Aubry publié par le Mercure de France.
Auparavant, en ouverture, la philosophe, auteure de Personne (prix Femina 2009) et de Partages (2012), rappelle l'une de « ces vieilles histoires folles limées par les siècles » : celle de la fille de Zeus et de Déméter qu'on appelait Core, « la jeune fille », avant qu'Hadès, le dieu des Enfers, son oncle, ne l'enlève. Recherchée éperdument par sa mère qui affame les humains en représailles, elle deviendra, après l'arbitrage de Zeus, Perséphone, maîtresse d'Hadès, reine des morts, partageant sa vie entre la terre et les Enfers. Un culte aux rites secrets en hommage à Déméter et à sa fille a été rendu pendant mille deux cents ans à Éleusis, près d'Athènes. Là se termine le roman, une mère et sa fille adolescente parcourant les vestiges du lieu des « Mystères ».
« Alors vient un jour où vous vous dites qu'il est temps de saisir ce qui vous a saisie », annonçaient les premières pages. C'est donc dans « l'anonymat du mythe » que la narratrice « crypte » sa propre histoire, dans les échos de la voix de Perséphone, sœur d'abîmes et d'abandon, compagne de passage entre les mondes, qu'elle retrace, encodée, sa propre jeunesse. Dans cinq chapitres intitulés « Ruine », le monologue de Perséphone, découpé en autant de moments contemporains (de 1989 à 1995), s'intercale entre les souvenirs à la deuxième personne d'une jeune fille qui court — « tu veux vivre à bout de souffle, en cavale l'âme à cru, tu as pour cela la réserve et l'élan ». D'une fille tombée elle aussi, à sa façon, dans « l'instant-précipice », « raptée », une fille qui, plus que tout, « suit pas à pas une proie intérieure ».
Proche d'un chant tragique, Perséphone 2014 n'est pas un roman traditionnel. Pas plus que n'est un essai biographique classique sur Sylvia Plath, Lazare mon amour, qui paraît simultanément chez L'Iconoclaste où ce texte avait été publié en janvier dernier dans l'ouvrage collectif L'une & l'autre.
Les deux livres pistent les mêmes traces, sondent avec familiarité les oscillations intimes des mêmes figures féminines : des femmes d'excès, des créatrices, des amoureuses, scindées, oscillant entre le tout et le rien, le trop-plein et le vide, l'effroi et la jouissance, le solaire et le ténébreux, le dessous et la surface, l'élévation et la tentation de la « chute au fond du monde ». Des femmes à double visage, entre deux eaux. Et on trouve surtout, centrale dans ces deux textes, la nécessité de donner une forme, unique, à ce balancement vital, de trouver « sa » forme. Pour la poétesse américaine comme pour l'écrivaine française, l'enjeu de l'écriture.
Véronique Rossignol
LIVRES HEBDO - 6 novembre 2015
LA CROIX
28 janvier 2016
Gwenaëlle Aubry revivifie des figures mythiques liées à son travail d'écrivain, à sa vie, et à une même obsession : le lien secret entre le désir et l'anéantissement.
« Le désir, la mort, l'écriture »
Rien de plus éloigné en apparence — en apparence seulement — que les deux figures revisitées par Gwenaëlle Aubry dans ses derniers essais : l'une appartient à la mythologie grecque, l'autre à la littérature américaine du XXe siècle. Fille de Zeus et de Déméter — la Terre —, Perséphone, adolescente et vierge, est enlevée par Hadès, le dieu de la Mort. Hadès — l'Invisible — règne sur les ténèbres et la nuit. Et la nuit, la mort, sous une forme particulièrement terrifiante, c'est ce que choisit, en février 1963 à l'âge de 30 ans, Sylvia Plath. Elle se suicide au gaz, au terme d'une courte vie pleine de réussites, de blessures, de ruptures, d'amours intenses et de dépressions sévères, d'enfants et d'écriture poétique (Ariel) et romanesque (La Cloche de détresse).
Comme dans ses précédents textes, Gwenaëlle Aubry, en scrutant les marges dangereuses, les zones d'ombre, s'interroge sur la fascination qu'exercent sur elle-même les lieux de la perte. Et elle revivifie le vieux mythe de Perséphone, longtemps réduit à l'image des saisons, de la Proserpine latine, vivant sous terre les six mois d'automne et d'hiver avec Pluton et revenant vers sa mère, le printemps et l'été. Rappelant que le mythe est une « matrice fabuleuse », elle interroge le visage de cette Perséphone, enlevée mais heureuse de l'être, ravie donc, au double sens du terme, par un dieu de la Mort terriblement séduisant. Qu'est-ce qui l'attire en lui ? Pourquoi cette fascination pour celui qui va lui apporter la destruction ?
Perséphone, dit-elle, c'est Fée Personne. Dans Personne justement, la narratrice partait sur les traces de son père mélancolique et rêvant de n'être plus rien.
Autour de cette nouvelle figure, de ce mythe fondateur sur lequel se sont construites sa vie et son écriture, Gwenaëlle Aubry fait tourner des scènes vécues : des paysages anglais ou parisiens, des statuettes grecques, des séquences de la littérature ou du cinéma, les sœurs Lisbon de Virgin Suicides, la Lol V. Stein de Marguerite Duras, emportée elle aussi par le ravissement, des photos de fillettes de Chris Killip. Autant de formes différentes d'une même obsession, d'un même mystère : le lien secret entre le désir et l'anéantissement.
Aux dernières pages, le tournoiement s'arrête près d'Athènes, à Éleusis, lieu des Mystères orphiques, espoir de renaissance ou de salut. Dans l'autre essai, autour d'une figure — le ressuscité, Lazare, qui revient d'entre les morts —, tournent des photos — l'Amérique des années 1950, un visage de jeune femme, des images de succès et de ruptures, d'amours, d'enfants, de deuil et de beauté. Mais les interrogations se font plus précises. À Sylvia Plath, écrivain comme elle, Gwenaëlle Aubry aimerait demander quel est « le point d'ajustement de l'écriture à la vie ». Entre le désir d'une Perséphone et son attirance pour la perdition, s'est glissé chez Sylvia le désir de créer ce que la vie ne peut donner. L'écriture, en elle, est née d'une envie de tout saisir, de tout embrasser, y compris la mort. Dernier mot tapé sur sa machine à écrire : S.O.S. « Mais, dit Gwenaëlle Aubry, je suis prête à parier que si ce signal avait été reçu elle serait une fois encore revenue d'entre les morts. »
Francine de Martinoir
LA CROIX - 28 janvier 2016
LIRE
Février 2016
« Poésie d'une vie »
Plus qu'une biographie, voici un touchant hommage à une poétesse du XXe siècle, Sylvia Plath, qui ne savait « vivre-mourir » sans écrire.
Gwenaëlle Aubry a dressé le tombeau de la poétesse Sylvia Plath (1932-1963), l'auteur des célèbres Journaux. Un fil rouge : la peur, toujours, de n'avoir pas assez vécu et l'excès recherché. Jeune, Sylvia rayonne, à la fois supernormal teenager et fille de l'american dream. Mélancolique et suicidaire, elle se fera fort de toujours se tenir à la VERTICALE, la majuscule inscrite par elle signe ce désir obstiné de vivre, de résister à l'effondrement. Exilée à Londres, elle lit Virginia Woolf, son modèle, D. H. Lawrence et les autres. « Sous ses yeux le monde bat et palpite à se rompre, et puis d'un coup s'effondre », écrit Gwenaëlle Aubry, plus authentique écrivain que biographe, en un temps où chacun se réclame un peu trop démocratiquement du titre de littérateur.
Sylvia Plath, point n'est besoin d'être psychiatre pour le constater, oscille, se tient sur le bord du volcan. Tenir d'aplomb, s'effondrer, se relever et retomber jusqu'à l'alitement, jusqu'au suicide. Ce qu'elle vise dans l'écriture, c'est le goût incessant de la forme, le maintien du haut style pour éviter dispersion et dislocation. C'est précisément cette jointure délicate et puissante de la vie et de la littérature qui permet à Sylvia Plath de lutter contre « son vieux démon mélancolique ». Écrire, c'est une question de vie et de mort. Et Gwenaëlle Aubry le fait sentir douloureusement dans son livre, sans la moindre complaisance pathétique. Toute sa vie, Sylvia Plath aura maintenu la tension, le flux vital, l'énergie brûlante. N'est-elle pas fascinée bizarrement par le supplice plutôt raide des époux Rosenberg sur la chaise électrique ? Très tôt, elle perd son père, colosse américain d'origine prussienne, spécialiste des abeilles. Toute sa vie, Sylvia a voulu apprendre l'allemand, la langue des conquérants, des maîtres, de l'Empire, à laquelle elle oppose la sienne : « Parler comme une juive », dit-elle, pour s'approprier la parole des déracinés, des sans-patrie, de ceux qui ne sont jamais à leur place. Épouse du poète anglais Ted Hughes qui l'écrase et la trompe, elle aura de lui deux enfants. De sa mère, Aurélia Schober, elle hérite une peur maladive contre laquelle elle se battra encore et encore, refusant une vie étroite, corsetée par la crainte.
Le 11 février 1963, Sylvia se suicide au gaz, après avoir laissé un mot pour son médecin. « Une dernière fois elle a confié son salut à des mots, trois mots nus et sans rime, la frappe morse d'un SOS et je suis prête à parier que si ce signal avait été reçu elle serait une fois encore revenue d'entre les morts », écrit Gwenaëlle Aubry. Hommage d'un écrivain à un autre.
Alain Rubens
LIRE - février 2016
L'HUMANITÉ
28 janvier 2016
« Sylvia Plath, l'oiseau tombé du nid »
Cette poétesse, romancière, épistolière s'est brûlé les ailes à vouloir vivre pour écrire et écrire pour vivre. Un hommage de Gwenaëlle Aubry.
Qui était Sylvia Plath ? Une auteure météore. Suicidée à l'âge de 31 ans, un jour de novembre 1963 à Londres, son œuvre tenaillée par le temps est aussi brève qu'incandescente. Pour Gwenaëlle Aubry qui signe ce texte, elle se voulait totale, englobante, à la fois « Veronica Lake et Virginia Woolf, épouse et putain, homme, Dieu ». Lazare mon amour — référence à son poème « Lady Lazare », celle revenue d'entre les morts — n'est pas une biographie, c'est une rencontre interrogeant un engagement complexe qui ne s'autorise à être ici et maintenant qu'à la condition d'écrire. Épouse, elle le sera du poète Ted Hughes, entremetteur de sa perte, mère, elle le sera de Frieda et de Nicholas. À travers les vers de Sylvia Plath, la romancière française laisse entendre que faire advenir les mots, les sortir du néant, reste une alchimie d'une rare complexité, sans cesse à redéfinir.
Durant toute son existence, la jeune Américaine conjura les dualités, de l'ombre des électrochocs après un premier attentat à sa vie à 19 ans à la lumière, solaire sur une plage. Au fil des 696 lettres adressées à sa mère, elle tente vainement de recréer un lien ombilical encré dans ce rien essentiel entre une mère et sa fille, s'épuisant à recevoir l'approbation maternelle. Pour combler le silence, vaincre la peur et les fantômes dont la figure tutélaire du père mort, elle se cherche une chambre à soi, le livre, un lieu à habiter pour refuser le confort de la classe moyenne américaine et les prémices d'une société de l'avoir. Elle entre en littérature comme on naît au monde, un double et primal, un double symptôme, la même séparation. Toujours dans les contraintes, elle est sa seule amie et sa propre ennemie, sans jamais pouvoir relier « les deux courants électriques », les deux pôles d'énergie qui l'animent. Innervée d'un trop-plein de soi, elle fait corps, et ce n'est pas une figure de style, avec son écriture, elle l'éprouve, la met à l'épreuve et s'étreint jusqu'à « la grande expérience » réussie dans la nuit du 10 au 11 novembre 1963.
Dans ce travail acharné de défusion avec sa mère, avec son mari, elle n'aura plus personne à vénérer ni à haïr. Si Daphné du Maurier disait : « Rebecca, c'est moi » et « alignait ses personnages comme des portemanteaux », Sylvia Plath, malgré les romans de Virginia Woolf qui rendait les siens possibles, n'aura pu s'extraire de sa cloche de verre. Emmurée vivante, trop clairvoyante, elle est cet oisillon tombé du nid recueilli, essayant patiemment de le ranimer, petit corps vaillant, mais sur lequel Ted Hughes referma le couvercle de la boîte en carton.
À l'orée de cette empathie d'une auteure pour une autre et en clôture, se balance la machine de Tinguely Homage to New York, substitution analogique de l'acte d'écrire, assemblage hétéroclite de filiations, de genres, de prouesses, de tourments et dont, selon son créateur, l'autodestruction était une nécessité. À cette finalité, Sylvia Plath aura été fidèle à elle-même.
Virginie Gatti
L'HUMANITÉ - 28 janvier 2016
LE DEVOIR (Québec)
5 mars 2016
« Le lieu le plus vrai — Un voyage romanesque en deux temps, de Perséphone à Sylvia Plath »
Perséphone 2014 et Lazare mon amour forment un diptyque fascinant : l'un évoque le mythe de Perséphone, l'autre la vie de Sylvia Plath. Le mythe grec permettrait-il de mieux comprendre la poétesse américaine ?
Perséphone 2014, de Gwenaëlle Aubry, est une danse, une messe noire, une histoire de transe qui, sous les jupes relevées de la déesse, met en branle la machine de la vie. Un jour, Hadès, le dieu des Enfers, enlève Perséphone, aussi nommée Korè, « la jeune fille », pour la faire sienne et la séquestrer. Horreur. Sa mère Déméter négociera un compromis : qu'elle revienne sur Terre six mois par année.
Ainsi en va-t-il d'une antique défaillance, que la légende enjolive à moitié. Que de profondeur au mythe ! Combien de Korè, ravies sans avoir consenti à l'homme qui les fait femmes, et mères avant d'avoir connu l'amour ! Il surgit, elle crie : « On ne le nomme pas, on l'invoque seulement, on le dit de biais. »
Aubry a du tact. Elle connaît Perséphone, cette histoire vieille comme le monde. D'où ses chapitres choraux, en italiques, intitulés Ruine 1 (1989), Ruine 2 (1990), Ruine 3 (1989-1994), Ruine 4 (1990-1995) et Ruine 5 (1995) où, en fragments d'une rare finesse allusive, Perséphone, effritée, se restitue.
Des parties numérotées y sont intercalées. Là, d'autres scènes évoquent la légende grecque, Korè, Narcisse, Rapt, L'antiterre, Tentative de retour, Banlieue, Anna Perenna, Baubô, Éleusis. Mais cette Korè est contemporaine. Aubry la voit prompte à la cavale, dans la prairie étincelante où l'événement a lieu : voici venir l'effroi et le triomphe de l'innocente, à « l'instant-précipice où tout a glissé ». Ce noyau mythique, écrit-elle, « n'en finissait pas d'irradier ».
Temps présent
Réajustons l'éternité à la mémoire singulière. « Je suis entrée dans le mythe par un homme », dit la narratrice. « J'avais dix-huit ans. » Qui est la plus insolente, l'ancienne Korè ou la femme moderne ? L'homme va droit au rire féminin : « Il la connaissait bien, il m'a offert son portrait, un œil unique et sans pupille égaré dans un ovale nu et, couvrant l'autre comme une taie puis ruisselant du crâne ouvert, des spirales confuses. » La joyeuse Perséphone de 2014 se remémore un voyage de jeunesse en Grèce ; elle y rêva de changer l'instant en durée. « Nous brûlons d'innocence », dit-elle alors à l'amant, en un feu de joie qui brûle encore.
Le mythe met donc en scène une histoire vraie : « dans le mythe comme dans la vie », raconter est une « formidable machine à fabriquer de la distance », qui permet de voir la « machine de guerre qui, souterraine et rusée, menait un inlassable travail de sape ». Perséphone se modernise en l'écrivant, et on devine la douleur sous le masque du rajeunissement.
Aubry peint en mots oniriques, divertissants aussi, la scène inaugurale, le rapt théâtralisé par le mythe, plein de violence et de beauté. C'est une hymne, un cantique superbe, une voix langoureuse et frémissante de femme qui s'exprime en Perséphone. Ce nom même ne contient-il pas la voix ? « À chaque mot d'amour il l'entraîne plus profond dans sa nuit », mais les corps interchangeables des amants se séparent. Seule, Korè, tétanisée, demeure : « Au pied du ventre, une grenade éclatée. »
Un miracle d'équilibre
Prix Femina en 2009 pour Personne, consacré à son père maniaco-dépressif, la philosophe Aubry, chercheuse et écrivaine, se penche dans Lazare mon amour sur la vie et les poèmes de Sylvia Plath. C'est un petit bijou d'écriture admirative et empathique.
Folle d'amour pour le poète Ted Hughes, à qui elle se dévoue mais qui l'abandonne à Londres avec leurs deux enfants, la poétesse américaine, bipolaire, se donne à la mort en s'asphyxiant. Il n'y eut personne pour la relever, pour sauver sa vie exaspérée et ses pages puissantes du désastre où les mots de Hughes l'avaient plongée.
Avec ce jeu de mots, « Perséphone, Fée Personne », l'auteure compare ces mondes féminins précaires, éclatants, « le massacre et le sacre » promis à la mémoire. « J'écris en écho à la souveraineté de certains instants vitaux, pour combler le manque où ils m'ont laissée, pour perpétuer leur intensité. » Ces mots du premier livre nouent serré, dans le second, l'écriture et la vie de Plath.
Zoom sur le couple de Hughes et Plath, sur leur passion colossale, sur « la plénitude sensuelle et l'évidence de leur beauté », l'écriture et le sexe « au plus vif, au plus vrai, au plus ardent », jusqu'à la chute vertigineuse et insensée. « Le livre est là et on est en lui, plus entière, plus chantante, plus déliée : on a enfin trouvé un lieu où vivre. Le livre est là et on est lui : on a enfin trouvé une façon d'être, le droit d'exister. »
Guylaine Massoutre
LE DEVOIR (Québec) - 5 mars 2016
Podcasts

Gwenaëlle Aubry
L'une & l'autre
Héliotrope, 2016
Paru le 01/02/16
80 pages
EAN : 9782923975894
Traductions

Allemagne
Lady Lazarus
2017
Lettre International
Traduction Dieter Hornig

Roumanie
Lazarus, mon amour
2017
Lettre Internationale
Traduction Simona Brînzaru
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